Travail et entraide : l’écologie du vivre ensemble

Le développement économique est au coeur des compétences de la région. Son rôle est essentiel pour que le développement économique ne soit pas seulement inégalitaire, destructeur de lien social et sans respect pour notre environnement. La crise sanitaire a accentué les menaces et les espoirs. Elle a accentué les menaces car les grands groupes de distribution, de logistique, de communication Internet ont été renforcés, tandis que les petits commerces, les PME et les PMI, les restaurants, les acteurs de la culture et du tourisme ont souffert au point de ne pas savoir quelle sera l’issue au sortir de la crise. Mais elle a accentué les espoirs car la création d’entreprise a augmenté d’un tiers en un an : des entreprises à taille humaine, riches en lien social et contributrice au développement local. La prise de conscience de la fragilité des marchés mondiaux et de l’avancée du dérèglement climatique s’est renforcée pendant ces longs mois de confinement, ainsi que la pensée, de plus en plus précise, de la nécessité d’un changement dans nos modes de production et de consommation.

Les candidat·e·s Démocratie EcoLogique s’engagent pour que le travail et l’entraide s’enracinent dans des territoires vivants par la relocalisation des activités et de nouvelles relations économiques dans la proximité.

La région a toutes les compétences pour relever ces défis, malgré les pressions des lobbies industriels et financiers. L’Assemblée Régionale Citoyenne que nous formerons jouera pleinement son rôle pour soutenir ou contre-balancer l’exécutif régional dans ses négociations avec l’Etat liées à l’emploi, la formation professionnelle et la règlementation.

  • Premier défi : Tisser un réseau économique territorial au service du développement  local. Pour enraciner durablement des petites entreprises et des petits commerces dans leur territoire, nous renforcerons les liens entre les associations de micro-crédit (le réseau Initiative, le réseau France Active pour l’Economie Sociale et Solidaire), les chambres des Métiers, de Commerce et d’Industrie, d’Agriculture, les agences de développement économique des EPCI et de la région pour impulser, recréer et faciliter des relations économiques de proximité. A ce titre, les aides économiques de la région accompagneront l’implantation d’activités qui avaient disparu du territoire pour rediversifier l’activité locale, notamment dans le domaine de la transformation alimentaire. Le dispositif régional actuel pour la formation et l’emploi (“DEFI”) qui forme les demandeurs d’emploi au sein des structures employeuses sera d’autant plus performant, qu’il s’agira aussi de former à des métiers qui n’existent plus dans le territoire et qu’il faut redémarrer parce que le besoin existe à nouveau.
  • Deuxième défi : Permettre l’émergence de projets “Territoire Zéro Chômeur de Longue Durée”. Depuis 2014, nous avons aujourd’hui suffisamment de recul sur cette expérimentation menée dans plusieurs territoires en France pour savoir l’impact bénéfique sur le développement économique local, notamment en milieu rural, sans coût pour les collectivités. En quoi ça consiste ? En concertation avec l’ensemble des employeurs privés et publics du territoire, une “Entreprise à But d’Emploi” (EBE) est créée dans les domaines d’activités manquants, mais porteurs de lien social et de transition écologique. La rémunération est possible grâce au reversement des aides sociales des futurs salariés à l’EBE (RSA, allocations), que la collectivité doit verser de toutes manières. L’activité de l’EBE permet ensuite de compléter pour arriver à un salaire temps plein pour un emploi en CDI. Cette expérimentation a donc pu se réaliser grâce à un vote à l’Assemblée nationale. Nous soutiendrons fortement un nouveau vote, en lien avec l’association nationale initiatrice de la démarche, pour permettre à plus de territoires de pouvoir initier et mener à bien ce projet.
  • Troisième défi : Expérimenter le “revenu de transition écologique”. L’idée est simple, mais elle n’a pas encore été menée en France. Si nous sommes dans cette situation de crise sociale et écologique mêlées, c’est que le système économique actuel rend des activités essentielles, comme la restauration des milieux naturels, l’artisanat sur mesure, l’utilisation de matériaux non polluants… non viables d’un point de vue de la rentabilité, calculée en ignorant les externalités négatives. Pour réussir à contourner cet obstacle de taille, le revenu de transition écologique apporte une réponse concrète. Cela nécessite une étroite collaboration entre les collectivités territoriales et les employeurs privés et publics, ainsi que des initiatives de porteurs de projet, pour financer des rémunérations liées à des activités hautement qualitatives sur le plan social et écologique, mais non rentables du point de vue du calcul normé de la rentabilité financière. Cela s’accompagnera d’un effort sur la durée de la part de la Région pour restaurer les savoirs et les savoirs faire oubliés (dans la transformation alimentaire, la santé, l’habillement, la construction, l’artisanat…) à travers des programmes de formation professionnelle, l’accompagnement de réseaux d’échanges de savoirs et les Systèmes d’Échange Local (SEL).
  • Quatrième défi : Lancer des Projets Alimentaires de Territoire (PAT) dans l’ensemble des bassins de vie de la région. Seule région en France à avoir pu conserver la compétence politique sur l’alimentation, la région Centre Val de Loire co-pilote avec l’Etat l’émergence de PAT selon des critères de démocratie alimentaire (le bon et le sain pour tous), de développement de l’agriculture biologique et d’accès au foncier pour des nouvelles installations d’agriculteurs. Intégrés dans le dispositif régional de solidarité territoriale et dans le plan de relance de l’Etat, les PAT bénéficient d’un financement conjoint et coordonné. Nous développerons la participation citoyenne à ces projets à travers des outils intégratifs sur la toile d’achat local et de développement territorial à travers les PAT. La restauration collective publique et privée joue un rôle important d’effet de levier dans la relocalisation de l’alimentation et implique une coordination étroite entre les différentes collectivités territoriales que la région impulsera. L’économie liée à l’agriculture et à l’alimentation est une des clés principales du développement économique local, de la transition écologique et de la résilience des territoires face aux crises multiples.