On aime l’artisanat

L’artisan est un acteur puissant de la transition écologique de l’économie. Pourtant, force est de constater, qu’à l’inverse de la raison, de la précaution et de la compréhension de notre rapport à la nature, depuis plus d’un demi-siècle, les politiques ont favorisé l’émergence de grands groupes industriels, agro-alimentaires et financiers. À quoi cela a-t-il conduit finalement ? à de la casse sociale et environnementale, à des artisans qui subissent le poids des charges fiscales et administratives et embauchent moitié moins qu’il y a vingt ans, et à des centaines de métiers et savoir-faire oubliés. Sans doute plus grave encore : la fabrication standard et la distribution mondiale ne peuvent se faire qu’à grand renfort d’énergie, de consommation de ressources finies et de produits polluants. En tant que citoyens, nous ne voulons plus être prisonniers d’une consommation qui représente un danger pour notre avenir et celui de nos enfants.

Les candidat·e·s de la liste Démocratie ÉcoLogique s’engagent pour la défense, l’attractivité et le développement de tous les métiers de l’artisanat.
 
Nous aurons à cœur de bien définir les missions de chacun, CMA, CRESS, DEV’UP, Boîtes de gestion, réseau des Initiatives… afin de les mettre en valeur et tirer tous les avantages de leur synergie. La CMA sera le partenaire principal de la Région pour le développement de l’artisanat. Les défis sont de taille. La nouvelle organisation territoriale de la CMA, au plus près des bassins de vie, est indéniablement un atout. De fait, le budget régional alloué à la CMA sera redéfini en fonction de l’ampleur de ces nouvelles missions et ne sera plus structuré par métiers, mais par famille de projets, tout métier confondu, à décliner par territoire :

  • Installation & transmission ;
  • Transition écologique ;
  • Réintroduction des métiers oubliés.
Les dispositifs spécifiques à la jeunesse seront transversaux.
 
Engagement 1 : Fédérer les Régions de France autour d’un plaidoyer pour la baisse et la simplification des charges. La charge administrative d’abord, car celle-ci, malgré les promesses à chaque élection, n’a cessé de croître. Quelques exemples datant de moins de trois ans : la procédure de la première embauche (pourtant ô combien importante) s’est complexifiée et cela retarde encore la prise de décision ; en cas de litige commercial, l’entrepreneur doit désormais obligatoirement prendre un avocat et les frais le découragent à se défendre ; le tout Internet marque la fracture numérique et isole l’artisan… et bien d’autres exemples que vous avez en tête.
 
La baisse des charges et une vraie reconnaissance de la pénibilité du travail ne relèvent pas de la compétence régionale, mais la Région peut, en lien avec la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) et les autres Régions de France, interpeller le législateur et le gouvernement. 
 
Engagement 2 : Soutenir l’installation de nouveaux artisans, notamment les jeunes. L’esprit d’entreprise et le travail manuel manquent de reconnaissance au sein de la société de consommation. Ils sont pourtant au coeur de la transition écologique de l’économie. La Région et la CMA agiront de concert pour l’orientation vers les métiers de l’artisanat. Des liens plus forts seront construits entre la CMA et les lycées. La médiation sociale dans les CFA sera généralisée. Un dispositif d’accompagnement à l’installation, spécifique aux artisans, sera créé en lien avec les dispositifs existants “Graine de boîte” et CAP Création.
 
Côté création : Cet accompagnement aura trois volets : financier, administratif et en formation professionnelle généraliste sur le “savoir-être”. Au cours de la crise sanitaire, il y a eu en 2020 30 % de plus de créations d’entreprises qu’en 2019, dont une part significative d’entreprises artisanales. C’est pourquoi ce dispositif doit faire partie intégrante du plan de relance régional.
 
Côté transmission : Certainement, le défi le plus important et imminent du secteur de l’artisanat. Du fait de la pyramide des âges et de l’affaiblissement du tissu social entre les générations, les 40 % d’entreprises artisanales en transmission à partir de maintenant risquent, pour une part trop importante d’entre elles, de ne pas trouver de repreneur. La Région, dernier rempart de défense contre la désertification des territoires, élaborera un plan d’action dans la cadre de la relance régionale avec la CMA, les acteurs du développement économique local, de l’orientation, de l’emploi et de la formation professionnelle.
 
Engagement 3 : Accompagner les efforts des artisans vers la transition écologique. Notre sommes convaincus que le coût de la transition, des efforts du changement de pratiques, ajoutés au coût de l’obtention d’un label, sont rédhibitoires et découragent plus d’un artisan, pourtant sincèrement motivé. 
 
En premier lieu, nous joindrons nos efforts à ceux de la CMA pour la chasse aux faux artisans, c’est-à-dire à l’utilisation abusive de l’appellation “artisanal.e” appliquée à un travail d’assemblage de produits pré-fabriqués industriellement. Ensuite, en lien avec les différentes fédérations professionnelles, nous identifierons les actions les plus emblématiques, celles qui déclenchent une transition complète tout en gagnant la confiance des clients, afin de les accompagner spécifiquement. Dans le secteur de l’alimentation, la marque régionale alimentaire “C du Centre” reconnaît les produits transformés sans additifs de synthèse depuis 2021 et les met en valeur. Enfin, la Région accompagnera également l’obtention de labels nationaux ou européens en économie durable, soutenable ou Bio. 
 
La question du diesel et du dernier km : la transition écologique n’est pas simplement remplacer (du chimique par du non chimique, du polluant par du non polluant..), mais faire autrement. La Région élaborera dans la concertation l’évolution des contrats Région/Agglomération et Région/Métropole incluant des mesures de livraison en commun dans le périmètre interdit au diésel, le cas échéant.
 
A l’image des anciens dispositifs d’accompagnement de la rénovation thermique des logements, la Région proposera un accompagnement pour la rénovation thermique des bâtiments professionnels (garages, ateliers, locaux…).
 
Engagement 4 : Réintroduire les métiers oubliés qui tissent le lien social. La Région possède toutes les cordes à son arc pour réussir ce défi en partenariat avec la CMA : par le développement et la fréquence des salons de l’artisanat qui sont déclencheurs de vocations pour des métiers rares ou oubliés, par le lien avec la formation professionnelle, mais aussi des réseaux alternatifs d’échange de savoirs, qui est indispensable pour apprendre ces “nouveaux” métiers à tout âge, ainsi que par la création de nouvelles filières sans lesquelles l’environnement économique de ces métiers ne peut être durable. Il s’agit, par exemple, de l’approvisionnement des rebuts des grandes cultures pour la construction paille, du développement de la culture de chanvre pour l’isolation thermique, de la production et de la distribution de beurre en circuit court pour les pâtissiers (qui a disparu à ce jour)… autant de filières qui reconstruisent un développement économique local et diversifié.
 
Engagement 5 : Construire la préférence régionale pour les entreprises de l’artisanat. Le code des marchés publics, élaboré au niveau européen, a veillé à la libre circulation des entreprises sur l’ensemble du territoire européen, mais a laissé les petits se frayer un chemin dans les mêmes conditions que les gros. La Région étudiera, dans le cadre législatif et réglementaire en vigueur, comment permettre la préférence régionale : dans les projets financés par les Contrats Régionaux de Solidarité Territoriale, dans l’élaboration des catalogues proposés par la centrale d’achat régionale Approlys, dans les achats provenant de la Région elle-même, ainsi que de ses structures satellites, dans les achats provenant des chambres consulaires et des institutions régionales… Le développement de l’artisanat au sein de l’économie régionale apporte un bénéfice en termes de renforcement des liens sociaux, d’économie d’énergie et de transition écologique dans la production et la consommation. Tout cela mérite bien une innovation réglementaire !