Le critère financier doit-il être le plus important pour orienter l’ensemble de nos activités ?

Le critère financier a pris une place démesurée, voire nocive, dans notre société. Et c’est l’une des raisons principales pour lesquelles nous sommes là. Notre candidature est issue de cette terrible réalité. Le critère de rentabilité qui guide les décisions économiques s’est imposé aux décisions politiques, censées porter l’intérêt général. Or ce critère est extrêmement simpliste et, au final, aveugle. La fameuse fixation du juste prix à partir de la confrontation entre l’offre et la demande est un mythe qui est devenu un conte à dormir debout. Le prix ne peut refléter la réalité de ce qui a été détruit en amont de la production d’un bien, des ressources non renouvelables, de la casse sociale, de la désertification des territoires, ni en aval avec des déchets non biodégradables ni recyclables et des maladies dites de “civilisation”. 
 
Et pourtant c’est sur cette fixation à l’aveugle des prix que repose notre système économique et social qui nous conduit dans une impasse sans issue. Comment en est-on arrivé là ? A l’évidence, il y a un problème démocratique majeur. La démocratie représentative touche aujourd’hui à ses limites. Si une part significative de nos concitoyens ne se sentent plus représentés, c’est finalement assez logique. Cette Terre de feu et de glace où beaucoup trop de gens restent sur le carreau, ils ne l’ont pas demandé, ni souhaité. Mais personne ne leur a demandé leur avis. 
 
Nous pensons que notre démocratie représentative actuelle doit être complétée par une pratique démocratique participative, de manière urgente, sous peine de dislocation sociale irréversible. Et le monde associatif, qui par définition est à but non lucratif, est la traduction concrète, sur le plan de l’activité des êtres humains, de la démocratie participative. 
 
Comment contourner l’impératif de rentabilité qui nous conduit dans l’impasse ? L’argent doit cesser d’être une fin et redevenir ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, un moyen. 
 
Nous assumons une politique économique où l’ESS ne doit plus être considérée à tort comme une niche à 10-12 % de l’activité économique dite conventionnelle, mais arriver à une part où la bascule peut se faire autour de 20 %. Nous assumons une  politique économique où les associations ne sont plus cantonnées à des fonctions de réparation sociale et écologique, qui sont sans fin, tant que le système majoritaire conventionnel continue de détruire, pour qu’elles deviennent une véritable alternative dans l’exercice des activités humaines, notamment essentielles comme s’alimenter, se transporter, se loger ou se soigner. 
 
Nous proposons un revenu de transition écologique. Qu’est-ce que c’est ?  Travail et entraide : l’écologie du vivre ensemble