La vie culturelle, miroir de la démocratie​

Mardi 8 juin, la FRACAMA (Fédération Régionale des Acteurs Culturels en Musiques Actuelles) a organisé un débat entre les sept listes candidates. Nous a reçus dans ses locaux du 108, rue de Bourgogne à Orléans, lieu emblématique de création culturelle et de lien social. Les sept listes en lice étaient invitées, mais les listes de droite et du centre manquaient à l’appel.

Comment faciliter la création culturelle et l’accès à l’expression culturelle ? En sortie de crise sanitaire et dans un monde économique qui joue les rouleaux compresseurs, la Région Centre Val de Loire doit s’engager fortement.

Les candidat.e.s de Démocratie EcoLogique s’engagent pour un soutien tout au long de la mandature, à la fois pour l’emploi et l’investissement, orienté vers la territorialisation en lien avec les associations de création, d’expression et de promotion et la participation citoyenne à la programmation culturelle.

1. Bilan de quatre années de cap filière

Trois entités dédiées à la politique culturelle opèrent en Région. Le CAP filière a permis, en les coordonnant au sein d’une même convention, de profiter de toute leur complémentarité, tout en facilitant la vie des acteurs culturels. C’est une première étape indispensable et réussie. Le moment est venu de passer aux suivantes.

Tout d’abord, nous préférons parler d’union ou de fédération plutôt que de filière, terme issu de l’économie industrielle et productiviste, qui traduit mal l’engagement public nécessaire pour les Musiques actuelles et la création culturelle en général.

Le défi qui nous attend maintenant c’est l’enracinement et la structuration territoriale à travers les Pays et les EPCI, à partir d’une impulsion régionale. A l’inverse du système économique culturel qui concentre à l’excès la visibilité et les moyens sur très peu d’acteurs et très peu de grandes villes, notre vision consiste à permettre l’émergence d’une profusion diversifiée sur l’ensemble des territoires. La connexion avec les associations culturelles, les grandes comme les petites, permettra de construire une démarche propre au territoire, tout en gardant la vision régionale de l’équilibre entre les territoires et entre les différentes disciplines culturelles. D’ailleurs, la musique populaire ou folklorique est également comptée dans l’univers “Musiques actuelles”.

Le deuxième défi est celui de la participation citoyenne. L’expression culturelle est un indicateur incontournable de la bonne santé démocratique. Le projet fondateur de notre liste est la création d’une Assemblée Régionale Citoyenne afin de construire l’action du Conseil régional à travers une démocratie participative permanente. Au sein de cette Assemblée, dont le nombre de participants n’est pas limité, car ils ne sont pas élus, et dont l’organisation est territoriale, pourront s’élaborer des programmations culturelles issues de la participation citoyenne.

En effet, la programmation culturelle est stratégique dans la démocratisation de l’accès à la culture. De manière générale, elle est réalisée aujourd’hui dans les ComCom par quelques agents territoriaux et élus, voire par une seule personne. Nous souhaitons, au contraire, que le rôle des administrations territoriales et des élus soit celui d’offrir un “écrin” aux “bijoux” que sont les initiatives culturelles, et non de les programmer. Cet “écrin” concerne l’accompagnement de la structuration de l’offre culturelle, la formation, le soutien logistique et financier pour les artistes amateurs et professionnels, ainsi que la promotion pour les professionnels.

2. Économie et emploi

Le système économique dans lequel nous sommes est une fabrique de monopoles et de géants. L’industrie musicale et audio visuelle impose un rythme et une démarche qui ne favorise pas la diversité de la création ni sa territorialisation. “Vivre de son art” sans aide aucune est devenu une utopie pour la majorité écrasante des artistes. C’est pourquoi la politique culturelle des Musiques actuelles a été initiée dans les années 90 par l’Etat et relève pleinement d’une politique publique, sous peine de voir disparaître toute activité créatrice dans les territoires.

Le dispositif CAP Asso a fait largement ses preuves et a démontré sa pleine utilité, notamment pendant la crise sanitaire. Il faut rappeler que ce dispositif n’existe qu’en Centre Val de Loire. Cependant, le défi de la prochaine mandature, au-delà du maintien bien sûr du dispositif, c’est de poser qu’il y a des emplois associatifs et culturels qui ne seront jamais autonomes, toutes choses égales par ailleurs, et que le fondement du CAP Asso en tant que dispositif temporaire d’aide au démarrage, doit évoluer. Pour nous, futurs élus en responsabilité, le fait d’affirmer qu’une partie de l’emploi culturel doit être subventionné de manière structurelle nous permet de dénoncer au niveau national que les mécanismes économiques à l’œuvre sont pernicieux dans le domaine culturel, et par extension dans de nombreux domaines où la marchandisation est inadaptée comme la santé et l’alimentation.

L’économie de la culture est aussi, pour nous, fortement liée aux lieux. Il y a le soutient aux scènes qui est déjà mis en œuvre par la Région, mais, c’est un des enseignements de la crise sanitaire, il est nécessaire d’amplifier la création de lieux et de scènes, autant pour les répétitions que pour les productions, en invitant les restaurateurs, cafés et brasseries à accueillir des acteurs culturels. La déclinaison régionale de “Café-Culture” initiée par le Ministère de la Culture, sera développée et abondée par la région en lien avec les politiques du tourisme et du développement économique local.

3. L’accès à la culture et les droits culturels

Malgré plusieurs décennies d’intention nationale affichée de “démocratiser la culture”, force est de constater que le compte n’y est pas.

Nous proposons de construire, sur l’ensemble de la mandature, en lien avec les collectivités territoriales, des rendez-vous réguliers et simultanés d’expression culturelle pour prendre l’habitude à date fixe de s’ouvrir à la création culturelle à travers les canaux de l’enregistrement ou de la production sur scène. La Fête de la musique s’est institutionnalisée et constitue une bonne référence pour partager des habitude communes. Il s’agit en plus d’un moteur puissant pour faire société.

Nous travaillerons également pour permettre de diversifier la nature des lieux, en premier lieu les enceintes des lycées qui relèvent de la compétence régionale, et les lieux publics en général pour aller à la rencontre du public dans toute sa diversité.

De la même manière, pour la diffusion sur support, nous soutiendrons les radios associatives et des projets de diffusion culturelle numérique à visée territoriale. Nous inciterons la création de nouvelles radios ou TV de nature associative au sein d’un dispositif pour la jeunesse à travers l’apprentissage, le service civique, les stages ou tout simplement un revenu de transition écologique pour les jeunes volontaires ayant déjà effectué un service civique.

4. Le budget régional

Le budget est actuellement de 32 millions d’euros, “hors tout”. Nous sanctuariserons ce budget qui a fait ses preuves. Nous sommes conscients, par ailleurs, que les budgets connexes fortement liés à la culture comme le budget Lycées, le budget pour la Démocratie participative, le dispositif CAP Asso, et les Contrats Régionaux de Solidarité Territoriale avec les Pays et PETR, seront abondés en fonction du déploiement de la politique culturelle régionale vers sa diversification et sa territorialisation.

De plus, nous anticipons au cours de la mandature le risque récurrent de la remise en question du statut d’intermittent par le gouvernement actuel ou futur. Nous serons prêts à prendre nos responsabilités, au-delà des compétences de la Région et par prudence, nous exprimerons dès 2021, lors d’assises dédiées au statut et à l’emploi culturel, notre soutien aux intermittents et appellerons les citoyens à s’emparer du sujet afin de peser plus fortement sur les décisions nationales.